mes ancêtres en guerre

ce blog retrace l'histoire des ancêtres de Ronan LE GOFF ayant participé aux deux guerres mondiales que le vingtième siècle a connu.

lundi 14 novembre 2005

INTRODUCTION

fete_victoire1Chers visiteurs,

Bienvenue sur la page web consacrée aux ancêtres de la famille LE GOFF, ayant participé aux différents conflits que le 20ème siècle a connu.

Ce site a pour objectif de prime abord de retracer brièvement certaines périodes vécues par les protagonistes, et en second lieu de créer un espace sur lequel leur existence et leur courage ne seront pas oubliés.

De la grande guerre à la seconde, tant de sacrifice et de souffrance !

Plus jamais çà !

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TITRE PREMIER : LA GRANDE GUERRE (1914-1918)

Il sera ici abordé le parcours de trois de mes grands oncles Morts pour la France, celui de mon arrière grand père ayant eu la chance d'en revenir, ainsi que celui de mon grand-père partenel.

Aux enfants de Peumerit Morts pour la France

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I- LES DEUX FRERES LE GOFF DU 116ème RI de Vannes

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1-PRESENTATION : De Quillianet en Peumerit à la première bataille de la Marne

Au moment ou la première guerre mondiale est déclarée, Jean Marie LE GOFF dit "Guillaume" (sur la photo à gauche), né à PEUMERIT(Finistère) le 18 mai 1891, effectue son service militaire au 116ème Régiment d'infanterie de Vannes depuis le 9 octobre 1912.Noël Alain LE GOFF dit "Alain", son frère, (sur la photo à droite), né en la même commune le 15 mars 1893 l'a rejoint depuis son incorporation au service le 27 novembre 1913. 

(contenu des courriers adressés à ces parents par Guillaume LE GOFF à venir)

2-SITUATION DU REGIMENT D'AOUT A SEPTEMBRE 1914:"116ème de ligne autour de ton drapeau"

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(d'après les renseignements aimablement fournis par Monsieur Jean-Yves RIO, que je salue bien amicalement)

Le régiment dès le 7 août 1914 s'embarque en Gare de VANNES direction GRAND-PRE (Ardennes). Les 9-10 août, le 116ème cantonne a AUTRUCHE et AUTHE; les 12-13 stationnement à BERLIERE; le 14 à YONCK, le 15 à THELONNE, le 16 à MAIRY, le 17 à POURU-SAINT REMY, le 21 bivouac en forêt de BERTRIX. Le 22 août aura lieu la bataille de MAISSIN; elle constitue l'une des toutes premières du conflit dans lequel les régiments de Bretagne sont engagés (19 RI, 118 RI et 116 RI..).et également l'une des plus meurtrière dans cette région du Luxembourg.

A partir du 24, la retraite s'annonce et le repli s'effectue sur SAINT-AIGNAN. Après plusieurs jours de marche le bivouac s'installe à LOUVERGNY le 29.

3-LES DERNIERS JOURS :DU 7 AU 19 SEPTEMBRE 1914

A compter du 7 septembre le régiment se cantonne sur la ligne Normée-Lenharrée, et s'apprête à vivre la première bataille de la Marne. Le Régiment se porte en renfort du 19ème RI à l'entrée du village de Lenharrée. Le 8 septembre, vers 3 heures du matin, la fusillade éclate à l'initiative des allemands après un bombardements d'obus incendiaires, le 19ème tente de contre-attaquer mais le 118ème est débordé sur la gauche. D'après le récit de Monsieur Jean-Marie RIO, sergent de la 2ème Compagnie du 116ème, le bataillon est obligé de se replier et connaît des pertes sévères. Les allemands mettent l'assaut final sur le village de Lenharrée.

Jean Marie LE GOFF est porté disparu le 8 septembre 1914 suite au combat de Lenharrée, manquant à l'appel le soir. Un témoignage d'un camarade de régiment un dénommé JAFFRE Yves Pierre Marie précisera plus tard, qu'il a été blessé grièvement le 8 septembre, et qu'il est décédé le 11 septembre 1914 à Lenharrée au poste de secours présupposé "allemand" bien qu'à compter du 10, les allemands ne semblaient plus tenir le village. (Etant ici précisé qu'à ce jour il n'a pas eu être localisé son lieu de sépulture, bien qu'enterré le 11 septembre à Lenharrée)

Noël Alain Marie LE GOFF, son frère, se retrouve désormais seul, et poursuit avec le 116ème en passant par Sommesous, Ecury-sur-Coole, Châlons, Suippes, Saint-Hilaire-le-Grand. Le 13 septembre, à 1.500 mètres du Village de Saint-Hilaire, le régiment se heurte à l'ennemi. Le 14 le régiment toujours en lutte se porte vers le Moulin de Chantereine, pour y stationner. Noël blessé au combat de Saint-Hilaire Le Grand, certainement le 13, se retrouve le 14 à l'Hôpital Auxiliaire de Troyes numéro 6. Il y restera jusqu'au 19 septembre 1914, date de son décès. Sa bravoure lui vaudra une citation à l'ordre du régiment portant les mentions suivantes, savoir :

"LE GOFF Noël Alain Marie, matricule 5146, active, soldat à la 3ème compagnie du 116° régiment d'infanterie : Excellent soldat, modèle de bravoure, très belle attitude au feu.Blessé grièvement au combat de Saint-Hilaire Le Grand. Décédé des suites de ses blessures le 19 septembre 1914"

Il repose à ce jour à la Nécropole Nationale "La Ferme de Suippes" dans le Carré 14/18 Troyes numéro 1097.

Les deux frères LE GOFF figureront malheureusement parmi les premiers enfants de la commune de Peumerit morts pour la France dans ce conflit.

3- annexes complémentaires : Photos de régiment (116ème RI) de 1913 à juillet 1914 :

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VANNES 1913

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COETQUIDAN JUILLET 1914

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? JUILLET 1914

Voir l'historique du 116ème RI en format PDF

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On y trouve le nom de:

  1. Le Goff Noël, 1913, Soldat, 19 septembre 1914, Hôpital 6, Troyes.

Photo d'un soldat de l'époquesoldat_de_1914 et d'une tranchée :gourdeaudos

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samedi 19 novembre 2005

II- JEAN LOUIS HAMON (19ème, 129ème et 287ème RI)

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Jean Louis HAMON dit "Louis", né le 20 juillet 1898 à PEUMERIT (29) est incorporé le 1er mai 1917 au 19ème Régiment d'infanterie, classe 1917 matricule 351.

Parcours du 19ème RI : d'après les renseignements aimablement fournis par Sophie Carluer :"Du 2 au 10 mai 1917, le 19e RI occupe le secteur d’Hurtebise ou il livre de durs combats.

Du 15 au 26 mai, le régiment se rends par étapes successives a Fescamps dans la région de Montdidier ou il séjourne pendant environ un mois. C’est a cette période qu’il y a eu des mutineries.

Les 15 et 16 juin, le colonel Taylor organise une grande fete avec concert de binious et bombardes, danses Bretonnes et une représentation du « théatre aux armées ». Cette fete s’ouvrira avec une revue et remise de décorations en présence du général de Maudhuy, commandant le XIe corps.

Fin juin, le 19e RI relève le 408e RI dans le secteur du Fayet au nord-ouest de Saint Quentin.

Le 11 aout, le 3e bataillon est mis a la disposition du 116e RI pour reconquérir des tranchées que l’ennemi avait pris la veille, mission que le 3e bataillon réussit et qui lui vaudra une citation a l’ordre de l’armée.

Le régiment est relevé dans la nuit du 20 au 21 aout par le 329e RI.

Par étapes successives, il regagne la région de Montdidier ou il prends le train pour débarquer le lendemain a Versailles. Il cantonne quelques jours à Gif sauf le 3e bataillon qui séjourne a Bures

Le 10 septembre, le régiment repart et arrive le 11 à la gare d’Aubuson. Il assure avec d’autres régiments, la surveillance du « camp de la Courtine » ou sont cantonnés des mutins Russes.

Il repart le 23 pour se rendre dans la région de Vailly sur Aisne ou il arrive le 29 septembre.

Il occupe le secteur du Pantheon ou il relève le 116e RI dans la nuit du 30 au 1er octobre.

Il est relevé le 20 octobre par un bataillon de Chasseurs a pieds.

Vers le 10 novembre, il relève le 62e RI dans le secteur de Pinon.

Le régiment est relevé dans la nuit du 22 au 23 novembre et se rends a Chacrisse (1er  et 3e bataillon) et Willeblain (2e bataillon) pour un repos de quelques semaines.Au cours de cette période, le régiment recoit la fourragère des mains du général Petain.

Le 16 décembre, il quitte Chacrisse pour se rendre dans la région d’Anizy le Château au nord ouest du secteur de Pinon.Vers le 18 décembre il occupe le sous secteur de courson."

Louis rejoint à compter du 15 décembre 1917 le 129ème Régiment d'infanterie, qui stationne au camp de Goncourt en vue d'instruire la deuxième division américaine jusqu'au 8 janvier 1918. Dès le 11 janvier le régiment reçoit l'ordre de se rendre en direction de Toul et se rapproche du front de Lorraine.(Cantonnements successifs à Coussey,Barizey, Bruley et Choloy ) Le 16 janvier 1918 le 129ème relève à Flirey la légion étrangère. L'artillerie allemande est présente dans le secteur. Le 129 ème tiendra le front à Flirey (secteur meurtrier) jusqu'au 7 avril 1918.

A compter du 7 avril 1918 le régiment quitte Flirey et rejoint Bois le Pretre, secteur qui connaît de violents et réguliers tirs de "minenwerfer". Le 15 avril après des émissions de gaz par projectors un groupe d'assaut allemand fait irruption dans les tranchées françaises, qui résistent à l'assaut et ne lachent rien. Du 19 au 21 le même scénario se répète mais l'ennemi perd du terrain. Jusqu'au début du mois de juin 1918, les combats sont rudes dans le secteur mais le 129ème tient bon et arrive à faire des prisonniers et à prendre plusieurs mitrailleuses, ce qui lui vaudra plusieurs félicitations du commandant général de la 32ème DI.

Le 2 juin 1918, Louis rejoint le 287ème RI. Le 12 août 1918 au Bois des Loges, il est blessé à l'auriculaire par éclat d'obus. Vers le 17 octobre 1918, il est transféré à l'Hôpital auxiliaire de Maxeville, ou il y décédera le 20 octobre 1918 d'une forte fièvre.(soit 22 jours avant l'armistice)

A ce jour il repose au cimetière communal "Carré Militaire" de Maxeville (Meurthe et Moselle) tombe numéro 26.

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lundi 21 novembre 2005

III- Pierre Marie HAMON (71ème et 161ème RI)

hamonpierre1Pierre Marie HAMON est né à PEUMERIT (29) le 10 mai 1892. Il est incorporé classe 1913 matricule 1165 dès le 8 octobre 1913 dans le 71ème RI de Saint-Brieuc.

Mon arrière grand-père

Annexes

Voir le site de l'histoire d'un poilu "Henri" qui est passé par le 71e RI. L'adresse du site étant : http://www.pays-de-born.com/verdun/index.htm

Voici un extrait:

"Appelé avec ma classe (1915) le 20 décembre 1914, au 71éme régiment d'infanterie à Saint-Brieuc, je fus dirigé - avec les autres recrues - à la caserne des Ursulines aujourd'hui démolie. Vieux bâtiments, ou en surnombre, nous fûmes logés à même le sol, sur de la paille.
La nourriture infecte, soupe ou rata, était servie dans des récipients de fer sur lesquels les Bretons se précipitaient avec leur cuiller pour y manger comme des chiens. Avec un ou deux autres Parisiens, j'y mis bon ordre pour distribuer à chacun sa pâtée. Nous restâmes ainsi 15 jours ou 3 semaines avec nos vêtements de civils (il n'y avait pas assez de tenues militaires) sur lesquels nous endossions un bourgeron (de grosse toile) pour aller à l'exercice. Je crois que Le fusil qui nous avait été remis à cet effet; n'était même pas un Lebel, mais un vieux fusil gras (de 1886 ?).
Pendant tout le temps, ou nous avions conservé nos effets civils, nous fûmes consignés à la caserne, sans pouvoir sortir en ville.
Enfin, un jour. on nous plaça dans La cour de la caserne, en face d'autres de qui chacun reçut une petite veste bleu foncé et un pantalon rouge, sans considération de taille !! Ma veste était trop courte et mon pantalon élimé, mais ainsi, nous eûmes La possibilité de sortir après la soupe de 17 heures.
L'hygiène était inexistante. On devait faire la queue aux lavabos - il y faisait bien froid, c'était l'hiver - pour une toilette sommaire à l'eau glacée On faisait aussi la queue aux WC qui étaient tellement sales qu'on ne savait où mettre les pieds! Et quelle odeur y régnait, infecte!

Après ce séjour du début dans la pièce humide et sombre, où personne n'avait séjourné avant nous, nous fûmes transférés dans une chambrée d'étage, mais toujours sur de la paille pour dormir. Les lits (de planches - réglementaires) avaient été transférés dans les hôpitaux temporaires. Le matin, on sonnait le réveil à 5 heures. Mais dés avant, on étaient réveillés par le bruit que faisaient les Bretons qui galopaient avec leurs sabots pour aller aux lavabos et toilettes. Car nous avions tous des sabots de bois, où je me tordais les pieds !

Nous allions à l'exercice et apprenions, à faire du tirailleur à plat ventre sous la pluie ou le crachin breton. Nous faisions de nombreuses marches qu'un adjudant rempilé (rengagé) - il s'appelait Le Dorian - scandait des chansons grivoises que la. troupe accompagnait.
Le printemps de 1915 vint enfin. La plupart des recrues de la classe rejoignit le front. Beaucoup y laissèrent leur vie, près d'Arras. J'eus la chance d' être nommé caporal et désigné pour l'instruction de la classe 1916 appelée à la fin d'avril.
La vie fut meilleure. I1 y avait eu beaucoup de doléances quant aux mauvaises conditions que connut la classe 1915. Les nouvelles recrues couchaient sur des lits (planches contre sommier et paillasse) et j'eus le mien ! La nourriture et l'hygiène furent améliorées.

L'instruction de la classe 16 me permit des rester à Saint-Brieuc dans deux autres casernes (Charner et Guébrient) moins vétustes que les Ursulines, jusqu'à fin août. Des gens que j'avais connus a Paris m'avaient signalé et recommandé à des amis qui m'invitaient de temps à autre à déjeuner ; les ressources - peu importantes hélas! - me permettaient aussi de partager avec des camarades de bons repas au restaurant (Prix 1F ou 1,25F, beurre et cidre à discrétion !).

Le 24 juin, j' avais reçu une "collection de guerre" c'est a dire une tenue toute neuve bleu horizon, avec ceinturon et cartouchières qui reluisaient.
Et le 4 septembre , je fus embarqué à la gare parmi un nombreux détachement de renfort pour le front. Après un parcours interminable (2 jours et 2 nuits) nous arrivâmes à la petite gare de Neuville-au-Pont (Marne). Le 7, nous joignimes un bataillon. dit "de marche" à la. forêt des Hauts Batis. Nous campions sous la tente, nous n'allions pas encore en ligne, nous nous "acclimations" en faisant des travaux. Nous avons ainsi creusé des "parallèles de départ" pour l'attaque de Champagne (du 25 septembre). Nous fîmes ainsi l'expérience du bombardement. Quand je dis que nous avons creusé, pour ma part je n'ai fait qu'effleurer la terre, heureusement de braves types, paysans plus habitués que moi à manier la pelle et la pioche m'ont obligeamment relayé!

Le 11 octobre, je reçus mon affectation définitive à la 2ème Compagnie du 71ème, ainsi que mon camarade Lucien Thomas (qui fut tué sur le front de Verdun, au Mort-Homme), Le régiment était alors au repos dans le village de Moiremont ( près Saint-Menehould) et je joignis "mon escouade" installée dans une grange.
Le régiment remonta en ligne dans la nuit du 27 octobre dans la Forêt d'Argonne, bois de la Gruerie, tranchées de La Houyette. Je me souviens sans déplaisir de cette "montée". Le ciel était éclairé par les "départs" d'artillerie et les fusées éclairantes.
C'était comme un feu d'artifice.
La canonnade faisait un bruit ininterrompu. Nous restâmes "en ligne" jusqu'au 24 novembre, tantôt en 1ère, tantôt en soutien. Les Allemands n' attaquèrent pas, nous non plus. Mais de temps à autre. des obus tombaient autour de nous, et puis il y avait des échanges de grenades avec les Allemands dont les tranchées n'étaient pas loin, surtout les "petits postes" avancés.
La dernière attaque des Allemands dans ce secteur avait eu lieu le 8 septembre. Il fallut "remonter" les ennemis dans la vallée de La Biesme. Le régiment subit des pertes importantes. Notamment, un bon camarade connu à Saint-Brieuc , fils d'un avoué chez qui j'avais été reçu, fut tué ce jour là.

Puis ce fut l'hiver, le froid, la boue. Quinze jours en ligne, quinze jours au repos, ou à peu près. Toujours des bombardements, 1e tir des fusils et des mitrailleuses, on s'y habitue dans le trou qui sert d'abri. Mais le froid, la boue dans cette terre argileuse, la saleté qu'on ne peut éviter, et les poux, les poux qui vous démangent sans cesse, on ne peut s'en défaire. Car ils pullulent dans la paille. des gourbis !
Et quelle nourriture! Les hommes de corvée allaient la chercher chez les cuisines roulantes (une par compagnie). Heureusement pour moi, les caporaux en étaient exemptés. Ils allaient deux par escouade, revenaient chargés de boules de pain (plus ou moins dur) et portaient des seaux de toile pour le café (jus!) et le "pinard" et des marmites plates pour la soupe et le rata.

Pèle mêle, mes souvenirs de cette période : Peu d'explosion de mines, mais souvent des "torpilles" qui se promenaient en l'air et dont on ne pouvait apprécier le point de chute. Elles terrifiaient par leur bruit, leurs dégâts et leurs éclats qui ne pardonnaient pas. Des séjours au "petit poste", sentinelle avancée à quelques mètres des tranchées ou postes allemands. La nuit, la relève toutes les deux heures de mes poilus, frigorifiés le matin à leur créneau. C'étaient les plus malheureux.

Le colonel commandant le régiment, le chef de bataillon étaient dans des abris moins exposés et plus confortables, le capitaine chef de la compagnie plus rapproché de ses hommes ne devait pas être trop mal. Le chef de section (lieutenant ou sous-lieutenant non plus. Enfin, le sergent (demi section = 2 escouades) ne quittait pas (s'il n'y avait pas de grabuge) son abri de première ligne. Enfouis dans les tranchées, c'était les poilus, avec leurs caporaux. Mais comme je ne prenais pas la garde, je me bornais à faire des rondes entre lesquelles j'allais me réchauffer un peu dans le trou du sergent. "

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